
Si vous avez un peu suivi l’actualité de la blogosphère ces dernières semaines, vous n’avez pas pu passer à côté de l’affaire Fuzz opposant Eric Dupin (Presse Citron) à Oliviez Martinez. Je ne reviendrai pas sur les prémices de cette histoire mais plutôt sur les conséquences de celle-ci !
Si je vous parle de l’affaire Fuzz, c’est que le verdict est tombé aujourd’hui et, à la plus grande surprise de l’Internet Français, Eric Dupin a été condamné par la justice à verser 1000€ de dommages et intérêts ainsi que 1500€ de frais de justice. Oliviez Martinez sort donc grand vainqueur de cette bataille judiciaire où on a l’impression que la justice Française est totalement à la ramasse, et qui, par son verdict, remet une nouvelle fois en péril nos libertés et cette fois-ci plus particulièrement notre liberté d’expression.
J’aimerais revenir sur le site Fuzz, ainsi que sur sa définition :
Fuzz fait partie des sites dérivés du très connu site anglophone Digg. Tellement connu que les sites basés sur son modèle ont été surnommés Digg-like. Le principe de ces sites communautaires est relativement simple puisqu’ils permettent à un utilisateur enregistré de pouvoir proposer des news ou des sites afin qu’ils soient soumis aux votes d’autres utilisateurs. S’ils remportent le succès nécessaire (un nombre de votes définis), ils seront promus en page d’accueil pour obtenir une visibilité maximum.
Le principe des Digg-likes est donc intéressant puisqu’il permet normalement aux sujets qui reçoivent de l’intérêt d’être extirpés de la masse d’information. C’est donc la communauté du site, elle-même qui crée le contenu et qui vote pour celui-ci. En théorie donc, le propriétaire de ce genre de site n’est en faite qu’un diffuseur d’informations dont la propriété ne lui appartient pas. C’est le cas de Eric Dupin qui a pourtant été condamné pour la raison suivante : “Le tribunal dans son ordonnance (que je n’ai pas encore en main) a retenu ma responsabilité d’éditeur en considérant que j’organisais l’information sur Fuzz en opérant un tri et une hiérarchisation des liens par catégories”. Ce qui est donc totalement erroné puisque comme je vous l’expliquais, c’est l’utilisateur qui organise l’information, c’est ce qui fait la particularité de ces sites.
On s’aperçoit donc que derrière cette affaire aucune étude préalable du mode de fonctionnement de Fuzz n’a été faite et que finalement la justice Française, sûrement par manque de formation ou d’information, n’est pas à la hauteur en ce qui concerne ce genre problème sur Internet. Bien évidemment lorsque l’on ne connaît pas le sujet, il est évidement facile de condamner l’auteur du site.
Eric Dupin, que je soutiens va très certainement se relever de cette affaire, mais le problème c’est qu’elle soulève un grand nombre de questions et notamment en matière de liberté d’expression et de diffusion. L’avenir des Digg-likes serait-il compromis ? On peut s’imaginer que Eric va réfléchir plus d’une fois avant de rouvrir Fuzz où, désormais, il va devoir effectuer un contrôle draconien sur les news proposées. Comment va-t’il faire la part des choses entre ce qui est bon et ce qui pourrait lui apporter des problèmes ? Va-t’il être obligé d’exercer une certaine censure sur son site afin de pouvoir dormir sur ses deux oreilles ? Les Digg-Likes Français vont-t’il devoir disparaître sous la pression ?
Beaucoup de questions se posent désormais et ce n’est pas la première fois que je parle sur ce blog de la mauvaise direction que prend l’Internet Français. Ces questions, c’est à nous de nous les poser en tant que bloggueurs ou acteurs du web, si nous ne voulons pas un jour nous retrouver dans un système proche de celui de la chine ou des bloggueurs sont couramment envoyés en prison pour leurs dires.
Je vous invite à réagir sur cet article afin de donner votre avis sur cette décision judiciaire qui, pour moi, n’a aucun sens !